06.01.2008

Les origines historiques du crédit

Un ami m’a prêté un livre d’un certain Chaîm Potok ou j’ai trouvé ce texte très intéressant sur l’origine du crédit, qui prouve bien qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. C’est extrêmement instructif et je vous en conseille vivement la lecture ! :

« L’usure et les dettes consécutives à l’apparition de la monnaie, adoptée par les Grecs vers 600 avant l’ère chrétienne, entraîna la ruine de nombreux petits fermiers. Souvent, un homme ayant contracté une dette la remboursait en perdant sa terre mais aussi en étant vendu à l’étranger comme esclave avec toute sa famille. Le mécontentement des fermiers menaça l’aristocratie, les familles aisées, les propriétaires terriens et le pouvoir politique. Grâce à une décision d’une sagesse exemplaire comme Athènes allait en connaître souvent au cours de son histoire, les familles aristocratiques résolurent d’élire à leur tête un chef de sang royal, disposant d’une fortune modeste, qui avait voyagé à travers le monde et écrit des poèmes où il dénonçait l’avidité malfaisante des riches. Il s’appelait Solon, et arriva au pouvoir en 592 avant l’ère chrétienne doté de l’autorité nécessaire pour entreprendre une réforme de la constitution.

L’Etat devint plus important que les factions et les clans, tous les citoyens devaient participer au gouvernement. Ils firent le serment d’obéir aux lois de Solon. Ce dernier était un homme profondément religieux qui croyait en la bonté et en la justesse des décisions de Zeus, bien que la justice divine fût différente de celle des hommes et punissait souvent des groupes entiers pour l’inconduite de certains individus. La colère  de Zeus est à l’image de la tempête : les innocents comme les coupables se trouvent éclaboussés par sa fureur. Un groupe doit comprendre les relations harmonieuses entre les parties qui le composent s’il veut survivre et prospérer. C’était ce que croyait Solon, se fondant sur l’observation du chagrin et de la gloire qui font l’existence humaine.

Athènes prospéra et se développa. L’esclavage pour non-paiement des dettes fut aboli. Ceux qui avaient été vendus à l’étranger pour cette raison furent rappelés à Athènes grâce aux fonds publics. »
 
Chaim Potok, L'histoire du peuple juif